Sunday, July 24th, 2011 | Author:
Japy
Le croirez-vous ? il m’en a fallu, du courage, pour abandonner une simple séance de course de ce dimanche matin. Du jamais vécu, en 20 ans de course …
Acceptation que tout ne va pas bien, tout le temps. Que mon corps est blessé parce que le genou gauche a trinqué lors de glissades dans la boue du trail de Louette Saint Pierre hier.
Quelques centaines de mètres ce matin, pour arriver à une conclusion, probablement sage, mais pour laquelle je me suis persuadé dès le lever avant le départ :
- “Eh ! Ca va pas si mal ce matin, après tout !?”
- “Bâââââh, ça va passer, ça passe toujours”
et un peu plus tard, une fois le chrono démarré :
- “Eh, je suis venu, je fais celle-ci, une fois chaud, ça ira, et je me repose après. Et peut-être même que courir fera du bien et remettra les choses en place”
- “Je suis pas tout seul, je peux au moins faire l’effort pour sa séance, l’heure qui vient, c’est pas grand chose”.
Quel gifle – qui comprend ? – au moment où j’arrête de courir, décidant par là que la compensation de l’esprit n’est pas aujourd’hui une option face à l’état du corps.
Tout est dans le peut-être, filigrane de cette phrase. Et l’acceptation que j’ai choisi de ne pas essayer de savoir, alors que ça aurait sans doute pu le faire – car enfin, il n’y aurait qu’une seule façon de savoir : courir et voir comment ça va. Comprendre : courir, et tenir une heure. juste une !
Frustration : occasion de pratiquer la patience.
Accepter qu’être raisonnable n’est pas de la lacheté, et que rendre les armes dans ce combat intérieur et tout personnel est sans doute bon. Certainement, même. Alors que je sais bien quand j’aurais déjà dû exercer cette sagesse – salvatrice, alors, assurément. Des années plus tard, une preuve est là : nous apprenons tant que nous le voulons. Et je passerai la journée à m’en contenter.
Soyons fous : j’en profiterai pour ajouter une couche de remise en perspective, alors que 11 millions de somaliens meurent de soif et que le monde pleure la mort d’Amy Winehouse.
Que le travail de l’esprit commence.