Archive for the Category » Philosophy «

Que 2012 soit un Instant…

Dans “Et que le vaste monde poursuive sa course folle”, Colum McCann fait dire à Corrigan :

Combien d’hommes pourraient dire, à un moment ou à un autre, qu’ils ne veulent être qu’à l’endroit où ils sont? Voilà ce que je ressentais. L’instant. Je ne voulais rien d’autre que l’ici et maintenant. Le paradis sur terre. Cet instant-là, unique.

Je fais avec toute mon affection le voeux qu’en 2012 chacun d’entre nous ait plus souvent qu’à son tour la chance d’être Corrigan.

FacebookGoogle+TwitterLinkedInPlaxo PulseEmailPrintFriendlyShare

Quand l’évidence est là

Première partie de cet article ici


Pas simple, question déplacements la Corse – compter ceux-ci en temps, nom en distance, à propos. Mais évidemment que j’ai trouvé un moyen d’aller de mon petit village à cette conférence, et retour, ouf.

Chouette moment de discussion sur la méditation et sa pratique – morceaux choisis :

  • C’est la nature de notre esprit d’être paix et joie quand il n’est pas dérangé.
  • Les émotions et expériences du monde vont et viennent en permanence. Il est possible de travailler et apprendre à les laisser venir, les accepter et les laisser partir, de façon à ne pas être perpétuellement emporté par elles, qu’elles soient désagréables ou agréables.
  • La méditation est une manière d’exercer, d’entraîner l’esprit et les réactions à nos émotions.
  • Penser n’est pas vivre : la méditation n’est pas une affaire de pensée, c’est une affaire d’expérimentation, d’action, de pratique.
  • Le passé est terminé, le futur n’est pas encore arrivé ; la méditation est une pratique qui nous vise à focaliser notre attention sur ces 2 choses, de façon à nous en libérer, et nous permettre de vivre les instants présents, afin que notre esprit réalise sa vraie nature.


Et, comme pour me souvenir (le faut-il ?) que j’étais bien là, cette photo du centre culturel, 4è rang, à droite, en appui sur mon coude…
Trouvé le moyen d’être dans le journal là-aussi ^^

FacebookGoogle+TwitterLinkedInPlaxo PulseEmailPrintFriendlyShare

La conscience du moment …

ou : par delà les coïncidences, l’évidence.

Petit déj’ sur la baie de saint-florent, ce matin, en corse.

Bien sûr, l’exception de l’instant dont je parle ici est lié au dépaysement des vacances : le moment est savoureux grâce à une brise légère, un doux soleil, au bruit des vagues dans lesquelles j’ai nagé la veille, et un petit déjeuner pris face à ces montagnes plongeant dans la mer – tout est en place dans cette carte postale, que j’expédie mentalement avec affection à tous ceux qui me sont chers.

La richesse du moment auquel je fais référence réside toutefois ailleurs, et cela commence par ce qui le construit.
Il s’agit de l’invitation de mes collègues à partir en vacances, et la décision de la destination un peu par hasard, quelques jours plus tôt, de la Corse plutôt qu’en Toscane. Il s’agit encore des accomplissements des jours qui l’ont précédé : réalisation d’un des projets importants de l’année, engagement des gens qui l’ont organisé, plaisir de ceux qui y ont pris part, aventures humaines vécues alors et dans les jours qui ont suivi à l’occasion tantôt d’un concert hors normes, tantôt d’une course à pieds initiatique au cours de laquelle une équipe s’est mise au service d’un moins valide.

Et ce matin, le moment est là. Entendons-nous : je ne parle pas de l’étonnement fugace qui suit celui où la radio diffuse précisément la chanson que vous fredonnez au moment où vous l’allumez.
Non, ce qui fait le moment, c’est la conscience du chemin qui y mène – personnes, endroits, expériences, choix – et la sensation de le vivre en l’acceptant tel qu’il est, sans autre forme de désir ou de satisfaction. Il me fait baigner dans le plaisir intense et ressourçant de l’accomplissement, du repos, et de la quiétude sereine. C’est la saveur pleine de la perception des détails et du tout, et la reconnaissance pour ce qui est, tel que c’est – pas parce que c’est bien, mais bien parce que c’est. Je souhaite ce type d’instant aussi souvent que possible à chacun qui les recherche – et aux autres, de réaliser combien ils sont bénéfiques pour l’âme et pour le corps, dès qu’on leur donne l’occasion d’éclore sous une forme ou sous une autre.

J’ai alors choisi de noter quelques observations dans un de ces carnets que j’ai presque partout avec moi depuis un an ou deux. Je goûte et respire profondément, plongé dans une douce méditation ; et tout en profitant paisiblement du café et de la viennoiserie, je parcours dans un livre un passage qui invite à la réflexion sur la générosité, la conduite éthique, et la patience.
Et alors que tout est déjà là, je relève la tête ; une femme tourne la page d’un journal, et un détail me reste dans le coin de l’oeil. Plus tard, j’ai rouvert le journal à cette page. Et comme s’il fallait encore un indice, j’expérimente l’évidence de certaines coïncidences, qui rendent alors le moment complet : à quelques km, l’auteur du livre dont je parcourais précisément un passage sur le type de moment que j’étais en train de vivre, donne une conférence le jour suivant.

Peu importe ce que j’aurai fait ensuite, au moment où vous lirez ces lignes – Qu’auriez-vous fait ?

FacebookGoogle+TwitterLinkedInPlaxo PulseEmailPrintFriendlyShare

Psychologie positive …

… ou “Pleine conscience”, la suite.
Je vous avais parlé de cette journée de conférences, en octobre de l’année dernière. Cette année, Ilios Kotsou nous propose un symposium sur la psychologie positive (- kesako : “Etude des conditions et processus qui contribuent au fonctionnement optimal et à l’épanouissement des individus, des groupes et institutions.” (cf une des photos ci-dessous pour la source ;-)

Je vous livre quelques citations, parmi les multiples sources de réflexion de la journée (entre parenthèses, l’orateur cité, et, en cas de curiosité, le lien vers un de ses ouvrages de référence, choisi arbitrairement :-):

Je vous propose ci-dessous quelques photos de la conférence en question, de quelques slides projetés (bien entendu, la propriété intellectuelle revient à leurs auteurs respectifs).

La journée était organisée par Emergences : http://www.emergences-asbl.org/

(fichier d’images à l’attention de brieuc)

FacebookGoogle+TwitterLinkedInPlaxo PulseEmailPrintFriendlyShare

Je dois être resté très étudiant …

Extrait de la libre belgique du 27 juillet 2010 :
“Le professeur Christian Arnsperger (UCL) défend l’idée d’une “prospérité sans croissance”. Une idée assez neuve qui plaît surtout aux étudiants…”

Lire la suite de l’article.

FacebookGoogle+TwitterLinkedInPlaxo PulseEmailPrintFriendlyShare

If, Rudyard Kipling

En parcourant quelques livres dans la bibliothèque aujourd’hui, ce feuillet s’est échappé de la biographie de Baden Powell, qui s’est inspiré de plusieurs écrits de Kipling, dont Le livre de la Jungle, et Kim, comme éléments fondateurs du scoutisme.
Je vous propose ici le texte original de ce poême, et la traduction réalisée par André Maurois en 1918 chantée par Bernard Lavilliers, en 1988, sur l’album If, et entendue … ce même jour à la radio.

IF you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting,
Or being lied about, don’t deal in lies,
Or being hated, don’t give way to hating,
And yet don’t look too good, nor talk too wise:

If you can dream – and not make dreams your master;
If you can think – and not make thoughts your aim;
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can bear to hear the truth you’ve spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build ‘em up with worn-out tools:

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: ‘Hold on!’

If you can talk with crowds and keep your virtue,
‘ Or walk with Kings – nor lose the common touch,
if neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds’ worth of distance run,
Yours is the Earth and everything that’s in it,
And – which is more – you’ll be a Man, my son!

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

***

*ton songeur* C’est amusant de voir ici le nombre de traductions existantes de ce texte …

FacebookGoogle+TwitterLinkedInPlaxo PulseEmailPrintFriendlyShare

A l’heure de Copenhague … l’humanité

Je vous propose l’interview (+/- 15 minutes) de Jean-Marc Jancovici (spécialiste du climat, cf sa fiche sur Wikipedia), et spectateur-commentateur de la conférence de Copenhague ; discussion tenue sur la première mi-décembre 2009, lors de l’émission matinale d’information sur la Premiere.

Je mets cet interview en perspective d’une pensée déjà tenue ici, ainsi que d’une d’une autre interview (+/- 48 minutes), celle d’Albert Jacquard (faut-il le présenter ?), réalisée en 1991, sur la même chaîne de radio, à l’occasion de la sortie du livre “Inventer l’homme” – le titre suffit en lui même à inviter à relever l’extraordinaire défi … que dire alors de sa lecture ?

Bonne écoute, bonne lecture …
… Bonne réflexion et décision …
… Bonne action ?

FacebookGoogle+TwitterLinkedInPlaxo PulseEmailPrintFriendlyShare

Song of the Day : Dust brothers – This is your life

Durée : 3’32
Album : Fight club soundtrack
Année : 1999

***

And you open the door and you step inside
We’re inside our hearts
Now imagine your pain as a white ball of healing light
That’s right, your pain
The pain itself is a white ball of healing light
I don’t think so

This is your life, good to the last drop
Doesn’t get any better than this
This is your life and it’s ending one minute at a time

This isn’t a seminar, this isn’t a weekend retreat
Where you are now you can’t even imagine what the bottom will be like
Only after disaster can we be resurrected
It’s only after you’ve lost everything that you’re free to do anything
Nothing is static, everything is appaling, everything is falling apart

This is your life, this is your life, this is your life, this is your life
Doesn’t get any better than this
This is your life, this is your life, this is your life, this is your life
And it and it’s ending one-minute at a time

You are not a beautiful and unique snowflake
You are the same decaying organic matter as everything else
We are all part of the same compost heap
We are the all singing, all dancing, crap of the world

You are not your bank account
You are not the clothes you wear
You are not the contents of your wallet
You are not your bowel cancer
You are not your grande latte
You are not the car you drive
You are not your fucking khaki’s

You have to give up, you have to give up
You have to realize that someday you will die
Until you know that, you are useless

I say let me never be complete
I say may I never be content
I say deliver me from Swedish furniture
I say deliver me from clever arts
I say deliver me from clear skin and perfect teeth
I say you have to give up
I say evolve, and let the chips fall where they may

This is your life, this is your life, this is your life, this is your life
Doesn’t get any better than this
This is your life, this is your life, this is your life, this is your life
And it and it’s ending one-minute at a time

You have to give up, you have to give up
I want you to hit me as hard as you can
I want you to hit me as hard as you can

Welcome to Fight Club
If this is your first night, you have to fight

FacebookGoogle+TwitterLinkedInPlaxo PulseEmailPrintFriendlyShare

Pleine conscience : le séminaire

J’ai eu le triple plaisir – émotionnel, intellectuel et spirituel – d’assister ce vendredi à un séminaire (pardon, une journée d’étude interdisciplinaire, excusez du peu ^^) sur la “Pleine Conscience”. hmmm, oui, pleine conscience (“mindfulness”, en anglais), kesako ?

La pleine conscience est une expression qui désigne la conscience vigilante de ses propres pensées, actions et motivations. Elle joue un rôle primordial dans le bouddhisme où il est affirmé que la pleine conscience est un facteur essentiel pour la libération (éveil spirituel). Sans doute reviendrai-je sur ces termes.

Or, Donc ! Cette approche spirituelle a fait l’objet de déclinaisons scientifiques, notamment de la part de Jon Kabat Zin, qui en a fait un outil de gestion du stress ; de cette approche a ensuite été dérivée par l’un et l’autre, ici et là, différentes techniques thérapeutiques cognitives et comportementales (MBSR, Mindfullnes Based Stress Reduction).
Jon Kabat Zin définit la pleine conscience comme :
- un état de conscience volontaire,
- centré sur l’expérience de l’instant présent, et qui se déploie moment après moment,
- basé sur l’observation bienveillante des réactions et émotions.

Toutefois, ” l’attention juste ” n’est pas réservée à la thérapie, et peut, avec un peu de pratique se révèler un véritable outil pour tout un chacun, support à une attitude existencielle, permettant de savourer (“habiter”) des moments les plus simples, participant à un équilibre émotionnel, de canaliser les pensées réflexives (ces idées, qui s’enchaînent dans notre esprit de façon quasi continue, même lorsque nous ne “faisons rien”), et d’aborder les (hyper-)sollicitations de tous ordres auxquelles nous sommes soumis.

La journée a ainsi donné l’occasion d’assister aux prises de paroles de (cliquez pour voir le pdf) (cliquez sur les noms pour voir les sites web, ou les fiches de lectures) :

La journée telle qu’elle avait été voulue par Ilios Kotsou, l’organisateur (et chercheur à l’UCL), visait à mettre en place une passerelle scientifique avec les résultats de la pratique de l’approche spirituelle, ce qui rendait la journée particulièrement intéressante. Les intervenants ont tous fait état d’enquêtes scientifiques destinées à montrer l’impact réel que peut avoir la pratique spirituelle. Si les protocoles semblent encore imparfaits, et toutes études pas nécessairement menées avec toute la rigueur nécessaire, certains résultats sont passionnants ; la nouveauté de l’approche laisse présager que les mesures formaliseront ce que les observations semblent indiquer. Entendre Matthieu Ricard raconter les prouesses de maîtrise de concentration mesurées par les IRMs et scanners des moines qui se sont prétés au jeu est tout bonnement fascinant.

Côté liens,
je vous propose encore : www.pleineconscience.be, et encore www.prh.be.
enfin, je vous soumets une petite lecture de mise en pratique ?

PS : Et si votre lecture vous a mené aussi loin … Notez l’attitude pleinement consciente et totalement épanouie de mon voisin de gauche, sur la deuxième photo … c’est pas beau, ça ? :-)

FacebookGoogle+TwitterLinkedInPlaxo PulseEmailPrintFriendlyShare

Une question philosophique …

… avant toute autre chose ?
Il y a quelques mois de cela, nous avons tous visionné Home, de Yann-Arthus Bertrand. Un film, parmi d’autres livres et réflexions (d’Al Gore et son film “an inconvenient truth”, ou encore Hubert Reeves sur France Inter récemment lors de la publication de ses mémoires), attirant notre attention sur l’avenir de la planète… la question n’est pas tellement le futur du monde, ses cataclysmes, périodes glaciaires ou caniculaires, mais bien l’intérêt que l’homme accorde à la survie de sa propre espèce, et la place harmonieuse et sereine qu’il peut parvenir à prendre au sein des systèmes qui l’entourent, du plus grand au plus petit – du plus proche au plus lointain, à commencer par les siens, et la Terre, bien sûr, seul écrin capable à ce stade d’assurer sa survie. Evidemment, dans le cas de la négative … pas besoin de se poser beaucoup de questions, et peu ou personne ne sera là pour en juger … mais à l’inverse, si nous estimons que la conscience et la vie sont le plus riche des trésors, à transmettre dans les meilleures conditions, alors, il y a un peu de boulot en perspective … ^^ et certains d’entre nous sont déjà en marche, good news !

Cela étant dit, Nicolas Hulot publie prochainement (avec Jean-Albert Lièvre, scénariste et réalisateur) “Le syndrôme Titanic”, film dont le but est de dépasser le constat, et de commencer à reformuler l’adage, pour le transformer en “la correction de l’erreur est humaine” … Puisque le sommet de Copenhague approche (décembre 2009), c’est l’occasion d’entendre, réfléchir – encore une fois ? – et agir, en fonction de nos sensibilités.
Une recherche sur youtube vous permet de visualiser l’une ou l’autre bande annonce.

En attendant la sortie officielle, je vous invite à faire un tour sur le site de la Fondation Nicolas Hulot fnh: je pense que la fondation pour l’homme et la nature vaut un détour; au moins dans une idée d’esprit critique et d’analyse. Fini de sombrer dans l’alarmisme paralysant, ou l’immobilisme inquiet; temps d’agir selon nos moyens … ici et maintenant.

FacebookGoogle+TwitterLinkedInPlaxo PulseEmailPrintFriendlyShare