Je repense à Première séance (“Cinémaaaah !”), et le moment – était-ce 10.20, 10.30 ? Où il était temps de communier avec l’indispensable Monsieur Jean-Pierre (“Chroniqueur Mondain”) pour penser avec lui à ces petits riens d’importance majeure, qui sont la vraie ressource d’un bonheur durable. Vous savez ? Ces petites choses dont on ne connaît et comprend trop souvent la valeur, que lorsqu’elles ne sont plus ? Et de profiter de la chronique pour apprendre, sans doute.
Je me souviens suspendre mon geste à l’entame du générique, et de m’approcher de la radio sur l’appui de fenêtre dans la cuisine – pour en monter le volume. Je me rappelle de l’odeur de café frais, et des quelques gorgées sirotées lors de ces minutes.
Et de la femme avec qui je vivais alors – nous nous aimions, c’était aussi simple que cela : elle me rejoignait, nous partagions l’instant.
C’était bien, et ce n’est plus : nous sommes séparés, même si nous nous parlons et rencontrons toujours avec beaucoup de plaisir. La chronique existe toujours, mais a changé de jour et de tranche horaire.
Et dans ma poitrine ce matin, sous un soleil d’hiver radieux, la nostalgie affectueuse d’une histoire qui participe à mon bonheur du jour – et qui me dit que je continue d’apprendre.


















